INTRODUCTION
L’argent, c’est le « nerf de la guerre »
et le vote budgétaire qui a lieu généralement au mois
de mars constitue la décision centrale de l’année : si elle
ne résume pas à elle seule l’année, elle retrace inévitablement
toutes les décisions. Les finances donnent le pouls de la politique
municipale et le budget constitue le seul tour d’horizon global de l’action
municipale de l’année.
La responsabilité de gestion
Les élus municipaux ont la responsabilité
de la gestion de la commune, ils n’ont pas pour autant vocation à
se transformer en expert-comptable. Les documents budgétaires sont
à leur service et à ce titre, ils ont (ou devraient avoir)
deux fonctions : a) Les aider à décider;
b) Retracer l’histoire de toutes les décisions
politiques passées et de l’exercice sous l’angle financier.
Le document budgétaire est abscons
Le principal problème en matière
de procédure budgétaire, c’est que le vote se fait sur un
document dont la lisibilité n’est pas évidente, y compris
pour les experts qui s’empressent toujours de faire ratios et tableaux
de bord avant de porter tout jugement de fond !
Le premier impératif : se déculpabiliser.
Les élus ne sont pas responsables de la forme réglementaire
imposée à la présentation d’un budget.
Abscons, c’est-à-dire difficile à
comprendre. La forme légale du budget comporte des obligations,
mais cela n’exclut pas l’ajout d’autres documents, plus adaptés
au rôle de l’élu. Les ratios de gestion peuvent constituer
d’utiles repères, à condition d’être bien expliqués
et d’être présentés avec constance au cours du mandat.
Le pouvoir de l'Assemblée délibérante
La décision municipale n’est pas l’affaire
d’un(e) seul(e), mais d’une pluralité de personnes qui n’ont pas
vocation à devenir des professionnels de la comptabilité
publique.
Les pages de synthèse qui figurent
au début du document budgétaire ont été considérablement
améliorées avec l’instruction comptable M14, en vigueur depuis
1997. Les deux pages d’équilibre financier méritent une attention
particulière. Elles indiquent tout l’essentiel. Le reste peut être
considéré comme du détail, quel que soit le volume
de la brochure budgétaire.
On peut ajouter des documents de synthèse
et des graphes notamment à partir des ratios. Cela n’a pas de caractère
légal, mais cela relève du sens de la responsabilité,
dans la mesure où il s’agit de comprendre et de faire comprendre.
Bien souvent, nécessité faisant loi,
le maire ou son adjoint aux finances, devient aussi technicien que les
techniciens et « s’approprie » le savoir-faire. Tout dépend
alors de l’usage qu’il fera de cette appropriation : car, il convient de
rappeler qu’en démocratie chaque élu a à rendre compte
aux électeurs. C'est l'assemblée municipale qui vote le budget
et c'est d'ailleurs un véritable pouvoir collégial puisqu'on
notera que le refus de voter le budget est le seul moyen de mettre fin
aux pouvoirs d'un maire en contraignant le Préfet à dissoudre
le Conseil Municipal.
En fait, les finances municipales ne sont pas si
complexes quand on en connaît le mode d’emploi. Mais celui-ci n’est
pas fourni avec la nomenclature comptable officielle.
Actualités
L’influence des collectivités locales sur
la vie de nos concitoyens peut se mesurer. Elle n’est pas négligeable,
d’autant que les élus locaux ont une prise plus grande sur la fraction
qu’ils gèrent que les élus nationaux.
| Activité
économique |
Formule
|
Montant
|
|
Recettes
réelles de fonctionnement
|
+
|
|
|
Recettes
réelles d'investissement
|
+
|
|
|
Masse
globale
|
=
|
|
|
population
|
/
|
|
|
Activité
économique par habitant
|
=
|
|
L’évaluation de la part des finances
publiques locales dans le PIB est en réalité une affaire
très complexe, dans le détail. Mais on peut faire une approche
rapide du poids économique de sa commune de manière sommaire,
et on percevra ainsi un ordre de grandeur intéressant en utilisant
le tableau ci-dessus (de préférence, à partir d’un
compte administratif). On utilise les chiffres d' « opérations
réelles » des 2 pages d'équilibre financier. Ceci donne
une première approche, d'où il ne faut tirer aucune conclusion
hâtive. Les chiffres moyens de 1998 :
-
- de 10 000 habitants : 5 684 F
-
+ de 10 000 habitants : 9 072 F
Il y a deux grands sujets d’actualité
qui touchent les finances locales :
· La « re-centralisation rampante
»
Ce graphe représente la place grandissante
de l’Etat en tant que contribuable local. Au travers des exonérations
et des dégrèvements, l’État est en effet le premier
contribuable des communes. La suppression progressive de la part salariale
de la taxe professionnelle est la cause majeure de la montée de
l’État entre 1999 et 2003 dans la recette fiscale des communes.
· L’intercommunalité
Au cœur du développement de l’intercommunalité
en France, il y a d’abord le grand nombre de communes en France et de petites
communes (57% ont moins de 500 habitants et représente moins de
8% de la population).
Depuis 1992, un grand développement de
l’intercommunalité à fiscalité additionnelle s’est
engagé. Puis à partir de la loi Chevènement de 1999,
il y a une montée en puissance de la spécialisation fiscale
avec la taxe professionnelle unique et communautaire.
| Ensemble
des EPCI à fiscalité propre |
1999
|
2000
|
2001
|
|
nombre
de groupements
|
1
680
|
1
846
|
2
000
|
|
nombre
de communes
|
19
140
|
21
339
|
23
485
|
|
population
regroupée
|
34
030 789
|
37
063 359
|
40
336 783
|
| dont
TPU |
|
|
|
|
nombre
de groupements
|
109
|
303
|
511
|
|
nombre
de communes
|
1
046
|
3
264
|
5
726
|
|
population
regroupée
|
4
228 945
|
13
132 732
|
20
700 237
|
Cette évolution rapide déstabilise
les équilibres financiers, notamment la Dotation Globale de Fonctionnement.
Le problème de la taxe professionnelle
tient depuis longtemps la vedette des préoccupations dans le domaine
des finances locales. Celle-ci apporte la moitié des 4 taxes locales,
et elle constitue la cause essentielle des inégalités entre
collectivités. On constate fréquemment des écarts
de ressources de 1 à 10 par habitant dans un même canton,
et de 1 à 100 dans un même département. Les dotations
de l’État atténuent les écarts, mais la correction
ne dépasse guère 30% d’après les bureaux d’études
les plus compétents spécialisés en analyse financière
locale. Cette disparité est au centre des enjeux de la coopération
intercommunale.
La philosophie de notre approche
Quel maire peut dire que son conseil municipal
attend la séance budgétaire avec envie ? Celui-là
pourtant aura gagné s’il réussit à faire vivre le
principe suivant :
« Qu’importe si la mécanique
comptable est complexe ou même inconnue, du moment que les instruments
de conduite financière sont simples et fiables, on aura du plaisir
à conduire. Et quel que soit l’état de la route ».