NTIC : la panne du côté des engagements !

Les collectivités locales paraissent un lieu stratégique pour le développement d'Internet. Néanmoins, l'implantation de ces outils de communication est laborieuse. Je voudrais attirer l'attention, et particulièrement l'attention de mes ex-collègues secrétaires généraux, sur un aspect pratique qui montre que la mise en place des NTIC peut être liée de manière forte et inattendue à d'autres aspects professionnels.

Il est parfois un peu crispant de constater qu'il est plus facile de faire dépenser 30 000 F à une collectivité locale pour la réalisation de quelques pages web par une SSII que de mettre en place une connexion au Net qui coûte, modem, navigateur et 1 an d'accès compris moins de 3 000 F. Pire, il m'a été donné de constater, ici et là, que la mairie ne disposait d'aucune connexion alors que j'avais visité son site officiel sur la Toile auparavant !

Pas plus cher qu'un dictionnaire permanent

Ayant interrogé quelques camarades sur la question, j'ai constaté que nombre d'entre eux estimaient difficile de convaincre les élus et j'ai surtout remarqué que tous invoquaient la position des élus pour expliquer la (non) présence d'Internet. Ce qui est tout de même assez curieux au regard d'une chose simple : dans une commune de 3 000 habitants, on a tout de suite un coût annuel de documentation de 20 à 30 000 F et il ne me semble pas que les cadres municipaux s'inquiètent outre mesure de l'opinion des élus pour faire l'acquisition de tel ou tel dictionnaire permanent dont le prix de revient est somme toute, assez comparable, au coût d'accès à la bibliothèque mondiale que constitue Internet.

Il y a l'idée, économiquement discutable, que l'entrée d'Internet à la mairie est une affaire importante. Sans doute est-ce plus important que le montant de la dépense par elle-même. Mais cela révèle une hésitation d'un autre ordre : jusqu'où un secrétaire général décide et, pour être plus précis, jusqu'où le secrétaire général engage-t-il ?

La généralisation des engagements qui accompagne la mise en place de la M14 est certainement une bonne chose en soi, mais les textes sont complètement inadaptés en matière de délégation. Imagine-t-on que, dans une commune de 10 000 habitants avec 250 salariés, seuls le Maire et par délégation ses adjoints et son secrétaire général peuvent signer tous les bons de commande ? Il y a un vide juridique qui ne peut être comblé que par une initiative interne à chaque collectivité pour organiser et définir des règles fixant les droits et devoirs en matière de commande.

Une nouvelle étape après l'informatisation

Pour avoir laissé trop de flou sur cette question des responsabilités dans l'acte d'engager, nombre de cadres territoriaux hésitent et ne prennent pas franchement en charge la modernisation administrative qui ressort pourtant, a priori, directement de leur rôle.

La modernisation administrative, c'est aussi et surtout la valorisation des ressources humaines. Avec Internet, c'est une œuvre de longue haleine qui démarre, une nouvelle étape après l'informatisation des services, il s'agit d'intégrer les mutations de notre environnement et de faire évoluer la pratique professionnelle de tous les agents administratifs. C'est tout de même autre chose, et une autre ambition, que de faire la promotion municipale sur 3 ou 4 pages web.

Ainsi Internet se trouve-t-il scotché dans nos collectivités par insuffisance de maîtrise des engagements...

d.Filatre@wanadoo.fr

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