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La ville de Toulouse est la première ville de France à avoir réduit sa dette à néant. L'objectif, fixé de longue date par le maire, Dominique Baudis, a été atteint avant le 1er janvier 1999. Que faut-il en penser ? Le fait est rare et vaut naturellement d'être signalé. Alors que les villes ont tendance à voir l'endettement par habitant augmenter avec la taille, Toulouse fait exception. Les Echos ont signalé cette exception toulousaine par un long article en janvier dernier. Le Maire et sa majorité semblent assez fiers de cette innovation de gestion dans le monde public, soulignant que l'impôt va baisser à son tour, sans que la politique d'investissement soit handicapée - au contraire. L'opposition semble y voir un choix de communication démagogique du maire, et dénonce les insuffisances de l'accompagnement social. Les troubles apparus ces dernières semaines dans le quartier du Mirail nourrissent la critique. En fait, on ne sait pas grand chose de la politique financière de Toulouse, si ce n'est que la réduction à néant de la dette a évidemment un impact symbolique puissant au niveau des gestionnaires publics locaux. La ville de Toulouse a ouvert un site web, je lui suggère de s'en servir pour communiquer un peu... La dette zéro fait un beau slogan, n'explique pas une politique. Quoi qu'il en soit, soulignons que la réduction de la dette est en soi de bonne gestion tant que l'intérêt réel est positif, et il l'est encore largement. Le fait le plus exceptionnel dans la baisse des taux d'intérêt, c'est la chute de l'inflation (0,3% en 1998). C'est un aspect souvent minoré dans l'approche des gestionnaires publics locaux, d'autant que les principaux index techniques (BT01 et TP01 notamment) qui affectent les marchés publics atteignent la déflation ces derniers mois. Ensuite pour analyser une politique financière dans un sens comparatif, il faut suivre l'évolution de 3 critères : la dette par rapport aux recettes réelles, la pression fiscale et l'actif. Sur les deux premiers éléments, on dispose de chiffres. Encore que la révision des bases fiscales est une arlésienne et que la notion de pression fiscale en est profondément altérée... Quand au troisième, on en sait rien. Or que la ville soit propriétaire ou non du métro (à Toulouse, elle ne l'est pas), cela infléchit évidemment fortement sur la présentation des chiffres.
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