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Voilà les collectivités locales au milieu du débat politique. Le Président de la République a mis la démocratie locale au centre de son intervention devant le Conseil Régional de Bretagne, le 4 décembre dernier. L'Elysée publie sur son site le discours de Rennes dans son intégralité, et le plus intéressant dans l'affaire est sans doute d'observer la sélection médiatique. La presse n'aime pas la démocratie locale, cela ne l'intéresse pas. Les premiers titres ont porté sur le service minimum en cas de grève dans les entreprises publiques nationales. Pourtant un Président gaulliste, héritier d'une tradition jacobine donc, qui décide de fonder sa relance politique en partant sur le thème du « souffle nouveau (qui) doit être donné à notre démocratie locale », c'est en soi assez surprenant. Et les contradictions ne manquent pas. Ayant remarqué que « la confusion des pouvoirs et des compétences est telle que même les élus peinent à s'y retrouver », le Président propose d'élire au suffrage universel direct les conseils communautaires tout en affirmant qu'il ne faut pas créer de nouvel échelon. Le département « conserve tout son avenir comme lieu de coordination et de synthèse des politiques locales et comme circonscription pertinente de l'action de l'Etat », mais dans le cadre de la compétition européenne, Jacques Chirac note l'avantage des grandes régions qui détiennent l'essentiel des clés de la décision publique. Le Président fait écho à certaines propositions d'élus dans le prolongement du rapport Oudin(1) sur les Chambres Régionales des Comptes (CRC). Les élus locaux ont besoin d'une expertise indépendante : l'administration et les CRC devraient mettre à disposition des services de conseil et d'audit... Je ne reviendrai pas ici sur les faiblesses intrinsèques de cette proposition, précédemment exposées(2). Le diagnostic est juste, mais l'impartialité de l'Etat n'existe pas quand il y a « confusion des pouvoirs et des compétences » selon l'expression même du Président.
La construction européenne et l'évolution de la société posent des problèmes réels dans notre organisation politique. Le plus important est sans doute l'urgence à libérer « les initiatives et les énergies locales ». Au-delà des contradictions ou des discussions que peuvent susciter le discours présidentiel, le fait majeur tient à ce que les médias sont totalement imperméables à cette préoccupation. Le Monde consacre le meilleur de son agilité intellectuelle à montrer les clés de « l'écriture médiatique », expression de Jacques Pilhan (l'ancien conseiller en communication de l'Elysée, aujourd'hui décédé), et à décrire le candidat sous le Président.
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(1) Voir notre édito consacré au rapport Oudin.(Retour au texte)
(2) Voir notre édito du 26 octobre dernier.(Retour)